L’art difficile de s’écouter

Auteure

LaGazelle

Publié

May 10, 2026

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Et si le plus gros défi dans la vie d’un sportif n’était pas la motivation, mais apprendre à s’écouter! Les coureurs n’y échappent pas. Il y a des périodes où l’envie de courir est toujours bien présente, mais où le corps, lui, ne suit plus de la même façon parce que la vie entière demande déjà beaucoup. Entre la recherche constante de progression et la réalité de nos limites, le corps peut dire stop sans l’écouter.

Toujours plus : la quête de performance sans fin

En course à pied, il est facile de tomber dans l’idée que progresser signifie toujours en faire plus. Plus de kilomètres, plus d’intensité, plus de discipline. On cherche constamment la prochaine étape : un chrono plus rapide, une plus longue distance, une séance supplémentaire qu’on réussit à insérer malgré un horaire déjà chargé. On ajoute du volume, ajoute des objectifs, on ajouter de l’effort, pourtant, cette logique a ses limites.

À un certain moment, le corps commence à envoyer des signaux qu’on ne peut plus ignorer : une fatigue qui s’installe, des douleurs inhabituelles, une récupération plus difficile, un manque d’énergie qui dépasse largement la fatigue causée par l’entraînement. Et malgré cela, beaucoup de coureurs continuent d’avancer comme si ralentir était un échec.

La fatigue invisible : tout ce que le corps porte aussi

La réalité, c’est que notre capacité à récupérer ne dépend pas uniquement de notre condition physique ou de l’intensité de nos entraînements sur le moment. Peu importe les stratégies d’entraînement et la routine de récupération si on n’a plus de l’espace nécessaire pour absorber davantage, le corps va lâcher. Notre corps ne nous sert pas qu’à courir ou à pratiquer un autre sport. Je dirais même que notre corps nous sert à bien des choses avant l’activité physique. Il nous permet de travailler, de faire face aux responsabilités, de compenser le manque de sommeil, de dépenser plus d’énergie liées aux imprévus, il supporte la charge mentale, les émotions, etc. Tout cela pèse aussi dans l’équation, même si ça ne se voit pas sur une montre GPS ou dans un plan d’entraînement.

L’entraînement ne se vit jamais en vase clos. Le corps ne fait pas la différence entre le stress d’un intervalle difficile et celui accumulé par les responsabilités du quotidien. Les nuits écourtées, les obligations familiales, les inquiétudes financières ou simplement le manque de temps : tout cela consomme aussi de l’énergie. Dans un monde où l’on valorise constamment le dépassement de soi, ralentir parce que le corps ne peut absorber plus semble contre-intuitif. On admire la constance, la discipline, la capacité à “tenir bon”, mais on parle beaucoup moins de l’importance de reconnaître ses limites avant de les franchir. Dans ce contexte, regarder son agenda avec lucidité, reconnaître que parfois on a plus de réserves et qu’à d’autres moments on n’a pas les ressources physiques et mentales nécessaires pour faire plus, est une preuve de sagesse.

Par ailleurs, arrêtons-nous un instant pour se donner une tape dans le dos d’arriver simplement à suivre la vie entière autour de nous qui demande déjà énormément!

Ajuster plutôt qu’ajouter : une autre façon de progresser

Parfois, la solution n’est pas d’en ajouter, mais plutôt d’ajuster ou de changer sa façon de s’entraîner. En effet, par souci d’équilibre et de durabilité, il est plus sage d’accepter que certaines périodes demandent plus de souplesse, plus de repos, plus de simplicité. C’est dans cet ajustement qu’on retrouve de l’énergie, du plaisir et une capacité à durer dans le temps sans accumuler de la fatigue. Dans un environnement où l’on associe souvent la progression à l’accumulation, je nous invite à revenir à une approche plus intuitive où on priorise l’écoute du corps. On sera peut-être appelé à ralentir l’allure, remplacer une séance exigeante par une sortie facile ou simplement prendre une journée de repos.

Ajuster sa pratique à sa saison de vie, c’est un super investissement à long terme et surtout une bonne façon de garder le plaisir de s’entraîner. Mais s’écouter demande du courage, parce que cela oblige parfois à mettre de côté l’ego, les comparaisons et les attentes qu’on se fixe soi-même…Pourtant c’est mon encouragement: oser faire différemment, respecter ses limites et adapter sa pratique à la réalité de sa vie. C’est une bonne manière de continuer à courir sans se perdre en chemin!

Prenez soin de vous!

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