Courir sa vie

Auteure

LaGazelle

Publié

March 1, 2021

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Courir sa vie, c’est se fuir pour se retrouver; s’accompagner pour se construire. 

 

Il y a autant de coureurs que de manières de courir. Par contre, les raisons de se mettre à ce sport ne diffèrent pas beaucoup d’une personne à l’autre, puisque nous courons, tous à quelque part notre vie. En effet, je crois que la course à pied comme sport ne peut se dissocier de la personne que nous sommes. Et courir notre vie se résume au fait de s’accompagner dans la pratique de la course à pied. 

Parmi les raisons qui nous poussent à courir, il y a le fait de vouloir se fuir et son contraire c’est à dire se retrouver. Et pour ceux qui préfèrent voir ça autrement, disons qu’on fuit quelque chose ou qu’on court après quelque chose.  

Évidemment, c’est simple comme théorie, mais je l’assume puisque je suis convaincue que le monde de la course d’aujourd’hui où les enfants, les jeunes et moins jeunes partagent le départ à différentes courses, n’est pas le résultat de la passion de courir et l’engouement de la pratique du sport de notre société. C’est le fruit de notre mal de vivre générationnel et intergénérationnel. Une situation qui pousse jeunes, parents et grands-parents à sauver leur peau physiquement et psychologiquement avant que le passé et le présent ne tuent le futur. C’est dans la recherche d’équilibre personnel ou familial, que les personnes les plus inactives se retrouvent à pratiquer, sans trop y croire, ce mouvement si instinctif de mettre un pied devant l’autre. 

Pour chacune de ces deux raisons de courir, il y a une façon de courir. Pour chaque sortie avec nos jambes, il y a une part d’humilité qui est échangée contre une force qui nous sera nécessaire afin de non seulement courir, mais courir notre vie. Que vous soyez en train de vous fuir ou que vous soyez rendu à vous chercher. La course n’a pas de jugement, elle vous prend tel que vous vous présentez. 

 

COUREURS EN FUITE 

Fuir sa vie, c’est vouloir fuir ses émotions, ses difficultés, ou carrément fuir son passé et même avoir peur de son avenir. La bonne nouvelle, c’est qu’avec la pratique de la course à pied vous ne pourrez pas vous fuir longtemps. À un moment donné vous allez vous croiser. Et tous les moyens sont bons pour trouver son équilibre, même si cela implique de se fuir un bout. 

  

Mais lorsqu’on prend la course comme moyen de se fuir, il faut dire qu’on vise dans tous les cas à perdre du poids, que vous ayez du poids à perdre ou pas physiquement, car, la plupart du temps, l’état émotionnel dans lequel nous sommes est lourd. On veut cette légèreté qu’une activité physique apporte, on veut cette évasion que seule la course, jusque-là, m’a permis de faire. 

Je vous suggère donc d’y aller au feeling. Allez-y quand ça vous tente, même si c’est pour faire le tour du bloc dans lequel vous vivez, ou pour aller à votre rdv chez le psychologue, comme je le faisais à une époque. Aussi, vous n’avez pas besoin de techniques. N’essayez même pas d’en appliquer si vous en avez. Dépendamment de l’état émotionnel dans lequel vous êtes, même quand vous connaissez des techniques pour mieux courir, respirer, vous n’arriverez pas ni à bien courir, ni à bien respirer. Alors, on se contente de mettre un pied devant l’autre, avec cette impression que nous allons nous enfarger dans un obstacle inexistant. Cette impression finit par s’en aller. 

Peut-être avez- vous l’impression de ne pas contrôler grand-chose? Une semaine vous êtes au top et l’autre semaine après, vous êtes à terre. Le matin vous souriez et une heure plus tard (parfois c’est encore plus court comme délai) vous composez avec une crise d’angoisse, des pleurs ou vous êtes devant un néant. Ne forcez rien, laissez votre corps vous surprendre avec sa capacité de vous sortir de là un jour ou l’autre. Alors, il faut simplement et humblement s’accompagner en espérant un jour se croiser. Par conséquent, l’objectif est très simple selon votre journée : chausser vos chaussures le plus souvent que vous pouvez, voilà tout. Une journée à la fois et un effort à la fois. Ce n’est pas le moment de viser un temps, un rythme ou encore une distance en particulier. Sortez et courez! 

Vous sentez des douleurs, de la lourdeur physique et/ou de l’âme. C’est là que la notion de courir sa vie entre en jeu. Ce n’est pas le temps de vous laisser sur le coin de la rue, alors, trouvez une façon de vous ramener chez vous. Ce n’est pas le moment non plus de souhaiter que les bobos s’envolent tout seuls. Même avec les doigts croisés dans le dos, même avec les yeux fermés, même si vous touchez du bois, rien à faire. Votre mandat est simplement de courir tant que vous pouvez et quand vous aurez fait les tours nécessaires de votre vie, le changement s’installera, vous apportant ainsi les premiers fruits de vos efforts dont le confort durant vos sorties. 

 

COUREURS EN MISSION 

Pour ceux qui ont fait le tour de la fuite et qui par expérience, se sont rendus compte que le résultat diffère de ce qu’ils avaient espéré, ils commencent alors une autre quête qui est de se retrouver. 

Alors que l’inspiration vient généralement de cette communauté sans pareil de coureurs d’ici et d’ailleurs. Ce sont nos amis, nos familles, nos collègues, et même des inconnus devenus familiers à cause du parcours qui ressemble au nôtre ou des défis semblables, qui nous interpellent le plus pour oser la course à pied. 

Donc, nous nous lançons à peine convaincu du moyen, mais avec des objectifs osés : apprendre, améliorer, acquérir, rien de moins. Détrompez-vous, ce n’est pas plus facile parce que nous ne sommes pas encore sur la ligne de départ d’une course officielle. Se courir après, se trouver ou se retrouver, se ramener ou accepter ce que nous sommes devenus, ce processus est en soi un marathon. Les courses les plus difficiles ont été celles que j’ai faites en solitaire sans ligne de départ ni d’arrivée définies. 

Qui dit mission, dit objectif à atteindre. Le coureur en mission a besoin d’un défi devant lui qui n’est plus de se lever de son lit. Cela peut être de vouloir courir tant de kilomètres en tant de temps, ou s’inscrire dans une course officielle. L’objectif vous poussera à entrer dans une démarche d’apprentissage et d’acquisition d’une force mentale, en plus d’amélioration de vos techniques de course. 

Toutefois, ce n’est pas seulement une question d’appliquer un plan d’entrainement. Rappelez-vous encore que le but de la course dans votre vie, n’est pas à l’extérieur de vous, mais le but c’est vous. Ce n’est pas à vous de vous adapter à un plan, c’est le plan qui doit coller à vous. S’il n’est pas fait pour être flexible, ce n’est pas pour vous. Vous suivez un plan d’entraînement, mais continuez aussi à penser à vous, à votre rythme, à vos émotions et au repos du corps et de l’esprit. 

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