Les hauts et les bas de mon entraînement d’ultra trail de 62 km

Auteure

LaGazelle

Publié

August 26, 2023

On ne peut pas s’améliorer sans effort. Il faut faire des intervalles, de longues sorties, de la musculation, dormir tôt, bref, apporter une tonne de changements dans son mode de vie. Par ailleurs, la volonté de gagner ne signifie rien sans la volonté de se préparer! Donc, il n’y a pas de mystère, pour arriver à nos objectifs, il faut d’abord bien se préparer en suivant les étapes d’un plan d’entraînement. Et je vais peut-être en décevoir plusieurs, mais il n’y a pas de programme d’entraînement meilleur qu’un autre. Il faut trouver le meilleur pour soi. Celui qui apporte l’équilibre selon la vie de chacun. Pourtant, on pourrait bien faire tout ce qu’il faut qu’il y aurait quand même des surprises. Un plan d’entraînement comporte toujours son lot de hauts et de bas.

Les bas

On ne peut pas toujours être à notre meilleur en course à pied. Commencer un entraînement est une chose et le finir en est une autre. Effectivement, les obstacles sont nombreux et ce n’est pas rare qu’on soit tenté de mettre de côté notre entraînement de la journée ou même plusieurs de façon répétée. Pour ma part, je vous partage certains défis qui m’ont particulièrement challengés depuis environ le mois d’avril jusqu’à mon objectif de course l’ultra trail Chic-chocs il y a une semaine.

Tout d’abord, comme tous les parents avec des jeunes enfants, il y a le temps. Ah le temps! On voudrait avoir 48 heures en 24 heures et même là, on serait étonné de manquer de temps quand même. Bref, avec ce manque de temps en temps normal, j’y ajoutais un plan d’entraînement avec des sorties de course à pied de 5 à 6 jours par semaine. Et si je trouvais le temps pour les sorties courtes, en bas d’une heure, laissez-moi vous dire que pour les autres, c’était vraiment compliqué. Cela m’amène à vous parler d’un deuxième point qui est l’organisation. Et je ne peux pas parler de ce point sans mentionner le soutien indispensable de mon cher mari. Sans lui, il aurait été impossible de dégager, en comptant le temps pour les déplacements, 2 à 4 heures. Alors, oui, tout au long de cet entraînement, il m’a fallu une organisation sans précédent autant pour le travail, la famille, les amis, l’église que pour mes entraînements. Je peux vous dire que notre calendrier sur le frigo ressemblait à un organigramme d’entreprise tellement il y avait de choses qui se chevauchaient et étaient interdépendantes.

La température aussi cet été fut particulièrement challengeante, même pour une fille qui pensait bien supporter la chaleur. En effet, même mes courses de 7h du matin étaient accompagnées par une chaleur intense et je devais me faire à l’idée d’être trempé tout au long de la course. Vraiment, il a fait chaud et très chaud cet été. C’était souvent dur sur le mental de se dire qu’on y retourne jour après jour. Et quand ce n’était pas la chaleur qui caractérisait mes sorties, c’était la pluie tropicale. Moi qui n’aime pas commencer une course sous la pluie, je me suis vite rendu compte que si je voulais aller au bout de mon programme d’entraînement, je ne pouvais pas dépendre de la température externe, puisqu’elle convenait rarement à mes souhaits. Par contre, pour ceux et celles qui ont un tapis roulant, une salle d’entraînement climatisée ou d’autres options à l’abri de ces changements de température, j’imagine que le défi aurait été moindre.

Finalement, je voudrais soulever aussi un autre élément qui est peu visible, mais qui a été derrière la trame pendant tous ces mois de préparation physique. C’est la peur. La peur de ne pas y arriver. La peur que mon défi sportif soit audacieux. La peur de regretter de ne pas avoir suivi les conseils des personnes qui me disaient d’attendre au moins deux ans après l’accouchement pour se lancer dans des grosses compétitions. La peur d’avoir changé comme sportive sur le chemin de la maternité sans possibilité de récupérer ma forme physique d’avant. La peur de trop pousser mon périnée qui avait déjà du mal à supporter une heure de sortie de course à pied. Bref, je n’étais sûr de rien et les journée où mon moral était à terre, je me disais: «c’est le signe que tout ça c’est trop». Je culpabilisais de me faire ça. Cette peur m’a suivi jusqu’à la ligne de départ et pendant les 62 km d’ultra Chic-Chocs. Cette peur a disparue au bout de 13 heures de course lorsque je réalise que mon entrainement avait payé, que mon périnée allait très bien et que mes jambes tenaient bon dans cette épreuve folle. Cette peur a laissé un doux sentiment d’accomplissement et de fierté et une conviction profonde que la maternité et la course à pied peuvent aller de pair et que parfois c’est nous qui nous limitons face aux défis. On peut donc dire que malgré des périodes d’entraînement difficiles, si on s’entraîne régulièrement, on finit par progresser et bien au-delà.

Les moments le fun

Comme je disais, l’entraînement sur plusieurs mois avait son lot de difficultés. Mais, les résultats sont incontestables! Ce défi sportif m’a apporté bien plus que la réussite de l’objectif. Effectivement, déjà au niveau physique, il y a de beaux changements notables: gain musculaire, perte de poids, meilleur tonus de mon périnée, etc. Je note aussi un sommeil plus profond et récupérateur. À toutes ces améliorations s’ajoutent aussi les bienfaits psychologiques comme la diminution du stress, la fierté de réussir à m’améliorer là où j’avais peu d’espoir , la confiance en soi, et le dépassement de soi.

Comme si ce n’était pas suffisant, l’entraînement m’a permis à quelques reprises de pouvoir courir avec mes enfants grâce au chariot sport. Ces sorties m’ont apporté le bonheur de voir mon plus vieux amusé par mes intervalles et mon plus jeune qui s’endormait au fur des pas. Quoi de mieux que de concilier sport et famille! J’espère qu’ils grandiront avec cette force d’aller au bout de ce qu’ils entreprennent. J’espère que devant des obstacles, ils oseront avancer.

Le jour J

Enfin, l’entraînement était derrière moi, mais les défis étaient loin d’être finis! https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2004616/utcc-gaspesie-course-trail-2023 «Les deux pieds dans la boue pour l’Ultra-Trail des Chic-Chocs» était le titre d’un article de radio Canada sur la course de cette année. L’article résume bien les conditions dans lesquelles nous avons couru, mais il est loin de bien représenter toute la difficulté technique et mentale que la boue, coyote et même renard dans mon cas ont ajouté à l’expérience des coureurs.

Si j’avais à résumer ma course, je dirais épouvantable. Pourtant, j’ai quand même terminé la course de 62km en 15 heures, pourtant, je n’ai pas fait de chutes majeures, pourtant, alors que je me plains d’un périnée douloureux lors de mes sorties, je n’ai rien senti pendant plus de 13 heures de course. Malgré tout, j’ai trouvé l’ultra trail de Chic-Chocs cette année extrêmement difficile. J’ai dû travailler le mental depuis le kilomètre un jusqu’à la fin. Il fallait que je me parle constamment, que je fasse un check-up de mon état physique et mental, que je me convainc de quitter un ravitaillement pour aller au prochain, que je garde espoir que je pourrais m’en sortir sans une chute fatale et quand j’avais fini tout ça, je recommençais. Aujourd’hui, je réalise qu’il ne suffit pas juste de s’entraîner. Au contraire, il faut se préparer de façon globale sans oublier la préparation mentale https://lagazelle.ca/la-preparation-mentale/ et de ne pas hésiter le jour de la course à puiser encore en nous la force d’aller au bout de notre objectif!

Alors qu’il me restait 19km avant la fin de cette course interminable, je croisais une coureuse qui s’était fait une entorse, mais tenait absolument à finir. Sans jugement, je me suis proposée pour qu’on fasse la dernière partie ensemble. Non seulement, je ne voulais pas la laisser dernière sans savoir s’il restait d’autres coureurs, mais il y avait aussi le fait que de toute façon je courais à pas de tortue. De plus, le fait de me rendre utile et de supporter une autre coureuse est une chose qui a donné un sens humain à cette course.

Certes, cette course en montagne a été éprouvante, mais je vous dirais que la préparation en valait la peine malgré les difficultés rencontrées, la démotivation et la peur. Je vous dirais aussi que la fierté d’aller au bout d’un objectif n’a pas de prix. Et que finalement, la beauté de n’importe quel défi sportif est que les acquis physiques et psychologiques sont transférables dans d’autres domaines de notre vie. Alors “courez quand vous le pouvez, marchez quand vous devez, rampez s’il le faut, mais n’abandonnez jamais” Dean Karnazes

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