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Le trail : quelques idées reçues à laisser derrière soi

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Le trail : quelques idées reçues à laisser derrière soi

Vous pensez que le trail, c’est pour les experts, les amateurs de montagnes ou ceux qui ont tout l’équipement dernier cri?😅 J’avais envie de vous parler de ces quelques idées reçues qui peuvent nous empêcher de découvrir les sentiers… alors qu’au fond, le trail invite surtout à explorer, à s’adapter et à prendre plaisir à courir autrement.

Le trail, c’est forcément courir dans la montagne

Pas du tout! Le mot « trail » peut faire peur. On pense aux sommets, aux grosses montagnes, de rochers et de coureurs avec des bâtons qui gravissent des pentes interminables. Mais je vous assure, tous les sentiers ne ressemblent pas à ça et heureusement sinon, je n’aurais jamais commencé.

Effectivement, en trail, il existe une immense variété de terrains. On peut courir dans un boisé relativement plat, sur un sentier forestier roulant, dans un parc régional ou sur un parcours beaucoup plus montagneux et technique. D’ailleurs, ne vous y trompez pas, une sortie en sentier peut parfois être beaucoup plus tranquille qu’une séance sur route. On ralentit, on observe le paysage, on accepte que l’allure change et on se laisse porter par le terrain.

Le trail ne se résume donc pas à courir en montagne. C’est avant tout courir sur des surfaces naturelles, dans un environnement qui demande une certaine adaptation sans faire nécessairement allusion à l’effort.

Il faut être un expert pour commencer

Je vous l’ai dit avant même de vous expliquer mon point, mais c’est totalement faux! Pas besoin d’avoir des années de course derrière soi ni de courir un marathon pour mettre les pieds dans un sentier. Le trail offre d’ailleurs une grande variété de parcours. Il y en a pour les débutants comme pour les coureurs chevronnés.

L’approche la plus simple et la seule base nécessaire est, comme sur route, de commencer là où on est. Un sentier relativement plat, bien entretenu et peu technique peut être une excellente porte d’entrée. On peut ensuite progressivement explorer des terrains plus vallonnés, plus rocailleux ou plus techniques, selon ses envies et ses capacités.

Il y a autant de types de coureurs de trail qu’il y a de variétés de sentiers. Certains aimeront les petits sentiers tranquilles en forêt, d’autres chercheront rapidement les montagnes et les gros dénivelés. Certains courront quelques kilomètres, d’autres finiront par se passionner pour les longues distances. Et c’est justement l’un des beaux côtés du trail, car il peut évoluer avec vous.

Courir dans un sentier qui nous donne envie d’y retourner, c’est probablement la meilleure façon de commencer. Si le plaisir est au rendez-vous, la progression suivra.

Le trail est plus mauvais pour les genoux

Euh… l’idée persiste et ma réponse demeure la même : pas nécessairement! À la base, les surfaces naturelles sont souvent plus souples et irrégulières que l’asphalte. Elles modifient donc la façon dont le corps absorbe et répartit les impacts. Le sol n’est pas uniforme et les appuis changent constamment, ce qui amène le corps à travailler différemment.

Comme dans toute activité sportive, des blessures peuvent survenir. Mais l’idée selon laquelle « courir en forêt est forcément pire pour les genoux » est beaucoup trop simpliste. En revanche, le terrain demande autre chose au corps. Racines, roches, virages, montées, descentes, changements de surface… les muscles stabilisateurs travaillent davantage et les appuis sont constamment en mouvement.

Donc, courir en trail ne signifie pas automatiquement qu’on maltraite davantage ses articulations. Cela signifie surtout qu’on sollicite le corps autrement. Et c’est justement pourquoi la progressivité demeure importante. Si vous courez principalement sur route et que vous commencez soudainement à courir sur des sentiers très techniques et très vallonnés, certaines parties de votre corps risquent de vous rappeler qu’elles existent!

Les muscles, les tendons et les articulations ont besoin de temps pour s’adapter à cette nouvelle façon de bouger. On commence tranquillement, on observe comment le corps réagit et on augmente progressivement la difficulté.

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Bref, le trail n’est ni une recette miracle contre les blessures ni une menace pour vos genoux. C’est simplement un environnement différent auquel le corps doit s’adapter.

Il faut une tonne de matériel

Cette idée est totalement fausse! Pas besoin de devenir un expert du matériel ou de partir avec un sac digne d’une expédition en montagne pour découvrir le trail. Comme je le mentionnais il y a deux semaines, le seul item que je considère vraiment indispensable pour commencer est une bonne paire de chaussures adaptées aux sentiers. C’est généralement le meilleur investissement pour une meilleure sécurité et une meilleure adhérence.

Les chaussures de trail possèdent habituellement une semelle avec des crampons conçus pour accrocher davantage au sol, notamment sur la terre, les roches ou les surfaces humides. Cela dit, si vous comptez courir seulement dans des sentiers faciles, relativement secs et peu techniques, je ne vois aucun problème à utiliser votre paire de chaussures de course sur route pour vos premières sorties si vous acceptez simplement qu’elles risquent de revenir avec un peu plus de saleté qu’à l’habitude!

Pour le reste, votre équipement peut demeurer très simple. Je dis souvent que vos vêtements de sport utilisés pour d’autres activités peuvent très bien faire le travail. Pas besoin d’avoir une garde-robe complète estampillée « trail » pour courir en forêt.

Évidemment, plus les distances s’allongent et plus les conditions deviennent exigeantes, plus les besoins évoluent. Pour les longues sorties, le transport de l’eau et de la nourriture devient important. Selon la météo et le terrain, certains équipements peuvent aussi devenir nécessaires pour assurer votre confort et votre sécurité.

Mais pour commencer? Une paire de chaussures adaptée, des vêtements dans lesquels vous êtes confortable… et l’envie d’explorer, c’est largement suffisant. Alors, inutile d’acheter tout le rayon trail avant même d’avoir trouvé votre sentier préféré!

Marcher en montée : vraiment?

Oui. Absolument. Marcher en montée est complètement normal en trail. Oui, la marche fait partie de la course en montagne. Je dirais même que, dans certains sentiers techniques, on n’intègre pas seulement la marche à notre « course » : on grimpe, on saute, on enjambe, on se penche, on contourne, on s’accroche parfois… et on improvise!

Je pourrais tellement vous raconter des histoires de trail. Voici quelques exemples, il arrive qu’un arbre soit tombé en plein milieu du sentier et qu’il faille trouver comment passer par-dessus, par-dessous ou autour. Il y a des roches qui demandent davantage de concentration que de vitesse. Certaines descentes sont tellement techniques qu’on choisit de ralentir considérablement.

Et parfois, soyons honnêtes, on se laisse glisser sur les fesses parce que descendre avec dignité semble soudainement beaucoup plus risqué! Bref, penser que courir en trail signifie courir sans arrêt du départ jusqu’à l’arrivée est un mythe.

Marcher en trail est non seulement accepté, mais souvent stratégique. Le dénivelé, la gestion de l’énergie et l’efficacité entrent en jeu. Une montée très raide peut demander énormément d’énergie si on essaie absolument de la courir. Marcher d’un bon pas peut parfois être plus efficace et permettre de conserver de l’énergie pour la suite.

Et cette stratégie devient encore plus importante lorsque les distances s’allongent. Sur une longue sortie ou une course en montagne, l’objectif n’est pas nécessairement de courir chaque mètre. L’objectif est de bien gérer son effort pour être capable d’avancer jusqu’au bout. Marcher n’est donc pas « moins bien courir » c’est simplement s’adapter au terrain!

En parlant de s’adapter, un sentier nous rappelle rapidement qu’on ne contrôle pas tout: la météo change, le terrain se transforme, une montée s’allonge ou une racine nous oblige à ralentir. En trail, on évolue dans un environnement beaucoup plus grand que nous, qui impose son rythme. Comme coureurs, on ne demande pas à la montagne de devenir plus facile, on apprend à mieux la traverser comme face aux défis de la vie.  C’est peut-être là l’une des belles leçons du trail 🙂Alors, si vous êtes débutants, commencez où vous êtes, progressez à votre rythme, marchez lorsque c’est nécessaire, courez lorsque vous le pouvez et, surtout, gardez le plaisir et laissez-vous surprendre par le chemin!

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