Il y a plus d’un an, j’avais écrit sur ces habitudes du quotidien qui passent souvent inaperçues, mais qui peuvent contribuer à la prise de poids. Dans la première partie, nous avions abordé la sédentarité, le fait de manger trop tard, manger trop vite et la difficulté à dire non. Je nous avais promis une deuxième partie. La voici. Cette fois, j’aimerais qu’on s’intéresse à des facteurs encore plus subtils. Des habitudes, des pensées ou même des mécanismes biologiques qui influencent notre relation avec l’alimentation et notre poids. Une invitation à mieux comprendre notre corps, notre cerveau et nos habitudes.
Les croyances limitantes

La façon dont on pense, encore plus lorsqu’il s’agit de ce qu’on pense de nous est plus important qu’on le croit. Les phrases comme: toi c’est facile de t’entraîner, de perdre du poids, de rester discipliné, d’atteindre des objectifs sportifs, etc. Moi, je ne suis pas capable, je n’y arriverai jamais, ce n’est pas pour moi, ce n’est pas dans ma génétique ou encore je ne pourrais jamais faire les hautes études, voyager seul, obtenir une promotion, être aimé pour qui je suis et non ce que je fais semblant d’être, c’est sont toutes de phrases qui nous enferment dans des pensées limitantes.
Les croyances limitantes nous poussent en quelque sorte à abandonner et à se persuader qu’on n’y arrivera pas même si on essaye. Pourtant, vous connaissez sûrement des personnes qui ont subi une transformation incroyable, que ça soit au niveau de la perte de poids, au niveau sportif, professionnel et dans bien d’autres aspects! Le problème de ces croyances limitantes, c’est qu’elles façonnent notre réalité. Lorsqu’on croit profondément qu’un résultat est impossible, on finit inconsciemment par adopter les comportements qui confirment cette croyance. Cela ne signifie pas que tout est dans la tête. La génétique, l’environnement, les responsabilités familiales, les finances, la santé mentale et physique jouent tous un rôle réel. Mais nos croyances peuvent parfois nous empêcher d’explorer notre potentiel.
Ce n’est pas facile de reconnaître qu’on a des croyances limitantes et de les identifier. Le premier pas n’est pas nécessairement de croire que nous allons réussir, mais simplement de remplacer : « Je ne suis pas capable » par « Je ne sais pas encore jusqu’où je suis capable d’aller. » Cette nuance peut sembler petite, mais elle ouvre une porte. Et la confiance en sa capacité à agir influence directement la persévérance face aux difficultés.
Trouver des amis au sucre

Le sucre n’est pas l’ennemi. Notre cerveau utilise principalement le glucose comme source d’énergie et les glucides ont tout à fait leur place dans une alimentation équilibrée, particulièrement chez les personnes actives et les coureurs. Cependant, lorsque des glucides sont consommés seuls, par exemple un jus, des bonbons ou une pâtisserie mangée rapidement, la glycémie peut augmenter plus rapidement, suivie parfois d’une baisse qui favorise le retour de la faim. Alors quand je parle de trouver des amis au sucre qu’on consomme, je fais référence au fait d’accompagner le sucre par des aliments riches en protéines, en fibres, en lipide, etc. C’est une combinaison qui permet de ralentir la digestion, de favoriser la satiété et d’aider à maintenir une énergie plus stable. Nous pouvons ainsi favoriser la stabilisation de la glycémie, mais aussi aider à la gestion des fringales sucrées.
Les aliments « trop sains »

Ce titre peut sembler étrange. Après tout, comment pourrait-on manger trop sainement? En réalité, ce n’est pas la qualité des aliments qui pose problème, mais parfois la perception que nous en avons. Les noix sont excellentes pour la santé. L’avocat aussi. Le beurre d’arachide également. Les smoothies nutritifs, les granolas maison, les boules d’énergie, les fruits séchés… Tous ces aliments apportent des nutriments précieux. Mais ils sont aussi énergétiquement dense. Il est facile de tomber dans le piège de croire que parce qu’un aliment est nutritif, il est impossible d’en manger trop. Si, même avec des aliments sains, on peut manger trop au-delà de nos besoins énergétiques.
La solution n’est pas de compter obsessivement chaque calorie. C’est plutôt de conserver une conscience de nos signaux de faim et de satiété et de reconnaître que « sain » n’est pas synonyme de « quantité illimitée ».
Les oscillations hormonales
Parler de prise de poids sans parler des hormones féminines serait incomplet. C’est un facteur souvent sous-estimé chez les femmes. Or, malheureusement pour nous, le corps féminin n’est pas conçu pour fonctionner de façon identique chaque jour du mois. Au cours du cycle menstruel, les fluctuations d’œstrogènes et de progestérone influencent notamment l’appétit; les envies alimentaires; la dépense énergétique; la rétention d’eau; la qualité du sommeil; l’humeur; la récupération à l’entraînement, etc.
Durant la phase lutéale, soit généralement les deux semaines précédant les menstruations, plusieurs femmes dont moi, peuvent sentir davantage de faim; une augmentation des envies de sucre; une sensation de fatigue accrue; une baisse de motivation; une augmentation temporaire du poids sur la balance. Certaines études montrent même que les besoins énergétiques peuvent augmenter légèrement durant cette période, parfois de 100 à 300 calories par jour selon les individus. Et lorsque vous avez davantage faim avant vos règles, votre corps n’est pas nécessairement en train de saboter vos efforts. Il communique simplement ses besoins. Mais bon, mois après mois, à force de se sentir barouetter à gauche et à droite malgré nous, c’est facile à comprendre rationnellement qu’à l’accepter.Ce qui peut aider
Sans chercher à contrôler parfaitement son corps, ce qui peut aider c’est d’augmenter légèrement les protéines aux repas; ne pas sauter de repas; privilégier les glucides riches en fibres; maintenir une activité physique adaptée à son énergie du moment(mis le faire quand même); favoriser le plus possible un sommeil suffisant; réduire les restrictions alimentaires excessives. De plus, pour certaines femmes, un apport adéquat en fer, magnésium ou oméga-3 peut également contribuer au bien-être général, mais il est toujours préférable d’en discuter avec un professionnel de la santé lorsqu’il existe des symptômes importants. L’objectif n’est pas de lutter contre son cycle, mais d’apprendre à travailler avec lui plutôt que contre lui.
L’hypersensibilité:le stress et l’alimentation émotionnelle
Certaines personnes mangent lorsqu’elles ont faim. D’autres mangent lorsqu’elles sont stressées, tristes, frustrées, anxieuses ou dépassées. Et souvent, ce n’est pas un choix conscient. Simplement, le cerveau cherche naturellement à réduire l’inconfort et les aliments riches en sucre et en gras procurent une récompense rapide en stimulant les circuits du plaisir. Et à court terme, cela fonctionne. Le problème est que la source du stress demeure présente.
Chez les personnes hypersensibles ou très empathiques, les émotions peuvent être vécues avec une intensité particulière. L’alimentation devient alors parfois un mécanisme d’apaisement. C’est loin d’être un manque de caractère ni de volonté, c’est souvent une stratégie d’adaptation développée au fil du temps. La question n’est donc pas seulement : « Comment arrêter de manger du sucre? » Mais aussi : « Qu’est-ce que le sucre m’apporte dans ce moment-là? » Du réconfort, une pause, une distraction, un sentiment de sécurité?
Lorsqu’on identifie le besoin réel derrière l’envie alimentaire, il devient plus facile de développer d’autres outils pour répondre à ce besoin. Et d’ailleurs, l’objectif n’est pas d’éliminer complètement l’alimentation émotionnelle, on en a tous j’imagine, mais de diminuer sa place dans notre quotidien.
En conclusion de cette série sur ces habitudes du quotidien qu’on ne voit pas, j’aurais envie de dire que la prise de poids est souvent présentée comme une simple équation entre ce que l’on mange et ce que l’on dépense. La réalité est beaucoup plus complexe. Nos croyances, nos émotions, nos hormones, notre environnement, notre sommeil, notre stress et même notre façon de nous parler influencent nos comportements chaque jour. Avant de chercher une nouvelle diète ou une méthode miracle, arrêtez-vous sur ces habitudes invisibles qui influencent vos choix au quotidien. Parce que parfois, le changement ne commence pas dans notre assiette ou dans notre plan d’entraînement. Il commence dans la compréhension de soi.
Prenez soin de vous!







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