Une coureuse devenue maman
Par moment, je me dis que La Gazelle n’existe plus. Comment je vais pouvoir courir un 160km si je n’arrive plus à faire un 10 km?
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Par moment, je me dis que La Gazelle n’existe plus. Comment je vais pouvoir courir un 160km si je n’arrive plus à faire un 10 km?
Moi, c’est simple et triste, je cours pour fuir quelque chose. Il fut un temps, je fuyais mes émotions, mon passé. Et puis, j’ai continué à courir pour fuir l’image de moi que je voyais dans le miroir. Comme nombreuses filles et femmes, je n’aimais pas mon corps. Trop grosse, trop garçonnet, trop musclée des bras et des jambes, pas assez musclée des fesses et des abdominaux, chacune de ces pensées me donnait la conviction
Née au Rwanda, j’avais seulement 8 ans quand ma vie BASCULANT en même temps que celles des autres dû au génocide de 1994 dans mon pays d’origine. Dès lors, diverses expériences feront l’entrée dans ma jeune vie et elles vont se succéder sans fin: deuils, pertes, déracinement, peurs, migrations, violences sexuelles, exploitations, etc.
C’est quoi cette idée? Mon nom est Gisèle Mpaka, j’ai 34 ans et je suis une coureuse de fond en devenir. Marathon, ultra marathon, ultra trail en montagne, je prends tout tant que mon cœur est emballé. Eh oui, sans un coup de cœur pour une course, je ne la cours pas.
La course au féminin, ça existe? Eh oui, la preuve c’est que je ne saurais pas vous expliquer la réalité des hommes qui courent comme je n’en suis pas un.